Langues, Photographie → Pidgin Rain
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Deux journées de pluies diluviennes soutenues ont suivi une longue semaine de canicule.

Bref, c’est l’été à Xi’an. Tantôt très chaud et humide, tantôt des pluies diluviennes rafraîchissantes.

J’avais ce projet en tête depuis longtemps déjà.. de prendre des photos en tenant le parapluie à la main, donnant l’impression d’être dans la photo, sous la pluie, le froid, l’humidité.

En train de descendre un pont piétonnier.

Et voilà, mes deux ans d’études du chinois sont complétées. J’en ferai un bilan quand je serai de retour à Montréal. Mais une des choses qui vont me manquer le plus de ma vie en Chine, c’est la diversité des gens qui viennent vivre en Chine et que je côtoyais. Des Brésiliens, des Russes, des Équadoriens, des Italiens, des Français, des Américains, des Australiens, des Canadiens, et bien sûr, des Chinois.
Un des phénomènes les plus intéressants s’est produit avec les étudiants d’origine latine. Ceux dont la langue d’usage était latine (le français, l’italien, l’espagnol, le portuguais, par exemple). On arrivait à se comprendre en parlant une version plus ou moins bâtardisée de l’espagnol, suivant le niveau de chacun. Chacun parlait l’espagnol en y mettant des mots de sa langue maternelle, par exemple, Daniele, l’Italien, utilisait “troppo” et “ancora” pour dire “trop” et “encore” (au lieu de “demasiado” et “todavía“), facile à comprendre pour un francophone et pour les autres “latins”. Avec lui, je disais “demain” au lieu de “mañana“, parce que ça ressemblait à “domani” en italien. Les Brésiliens parlaient un espagnol plus juste, mais parfois au lieu de dire “la“, ils disaient “a” ou pour “el” (le), ils disaient “o” (en portuguais, les articles “le” et “la” sont dits “o” et “a”). Parfois, chacun se mettait carrément à parler dans sa langue maternelle et on se comprenait. Malheureusement pour le français, bien que sur papier, les mots français ressemblent aux mots des autres langues latines, à l’oral, la prononciation est tellement différente que ça faisait du français la langue la plus difficile à comprendre de notre groupe. Mieux vallait parler l’espagnol… On avait formé notre propre pidgin, c’est-à-dire un dialecte simple; la première étape vers la formation d’un créole. Je crois que si on s’était échoués sur une île déserte, notre pidgin finirait après quelques années ou quelques générations, à devenir une langue à part entière!












