Politique → Pact with the Devil
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Le gouvernement chinois propose des bourses d’études à tout étranger ayant une bonne connaissance de la langue chinoise (HSK 7 ou plus), de la culture et de l’histoire de la Chine.

Le gouvernement offre 42900 yuans par année en plus de payer les frais de scolarité et les frais de logement (au dortoir universitaire). 10 à 12 personnes par université normale sont acceptés, partout en Chine. Si on convertit en dollars ou en euros, ça ne donne pas un montant très impressionnant (6260$; 4700€), mais si on met ce montant en relation au coût de la vie ou du salaire annuel moyen en Chine (environ 30000 yuans à Xi’an, 42789 à Shanghai et 44715 à Pékin), on comprend que cette bourse permet d’accéder à un niveau de vie très confortable.
Le “ic”, oui il y en a un. Il faut “promettre” (c’est le mot qui est utilisé dans le contrat [承诺]) au gouvernement chinois après la graduation d’enseigner le chinois pendant au moins deux ans dans un Institut Confucius de son pays d’origine.
Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un Institut Confucius, c’est l’équivalent Chinois des Instituts Goethe ou de l’Alliance Française: c’est le représentant étranger du gouvernement chinois, son visage humain, son soft power. Donc, en quelque sorte, le gouvernement Chinois offre aux étrangers qualifiés la possibilité de signer un pacte avec le diable, on prend Son argent et la qualité de vie qui vient avec pendant deux ans pour ensuite travailler à Son service, au service de Sa propagande internationale!
Hum! Avis aux intéressés! Je le serais bien, mais je ne suis pas encore qualifié (c’est un programme de maîtrise, il faut donc détenir déjà un bac universitaire / license pour s’inscrire).
À propos, les Instituts Confucius ont récemment été critiqués par la presse chinoise comme étant une grosse institution inutile qui gaspille l’argent des contribuables chinois sans vraiment diffuser la culture chinoise, comme c’est son objectif premier. Depuis l’ouverture du premier Institut Confucius à l’étranger, en 2004 en Corée du Sud, 282 instituts ont été ouverts dans 88 pays ou territoires dans le monde, soit 55 par année ou un par semaine! D’où vient l’argent qui permet de faire fonctionner ces instituts? Et d’où vient l’argent des bourses octroyées aux étrangers qui vont y passer deux ans de leur vie? En pensant que la plupart des étudiants chinois ont très peu de chances de recevoir une bourse de leur gouvernement et que s’ils en reçoivent une, elle sera fort probablement inférieure à 5000 yuans, derrière cette bourse de 42900 yuans il y a forcément une volonté politique. Après tout, le gouvernement chinois n’est pas différent des autres gouvernements du monde: il agit dans son propre intérêt et dans l’intérêt de son image plutôt que dans l’intérêt de son peuple.
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J’ai parlé à un étudiant qui fait partie de ce programme en ce moment et il m’a dit que le contrat (dans la photo ci-dessus) est écrite d’une façon vague exprès pour attirer les étudiants étrangers. Les frais de scolarité ne sont pas complètement couverts par la bourse (une partie est payée par le gouvernement, mais le reste est payé par l’université elle-même qui… surprise, surprise!… pige dans la bourse). Les frais de dortoir ne sont pas couverts non plus… Alors au lieu d’être une bourse de 42900 yuans, c’est une bourse de 17000 yuans par année… ou 1700 par mois, dix mois par année (en janvier et février, pas de bourse).
Mais c’est quand même une bonne offre, si vous avez déjà des économies dans votre compte de banque pour arrondir vos fins de mois. Sinon, vous allez devoir vivre de nouilles et de thé pendant deux ans.
Dernier point que je veux aborder. La motivation derrière cette bourse n’est pas que politique, mais aussi culturelle. En effet, il y a eu quelques cas de professeurs chinois à l’étranger qui sont devenus fous ou qui ont souffert de profondes dépressions dans le cadre de leurs fonctions dans les Instituts Confucius. The but donc est de former des “étrangers” (ou des “locaux” dans leur pays d’origine) qui vont pouvoir aider les enseignants chinois à mieux communiquer avec leurs étudiants à l’étranger. Cela devrait faire du bien aux enseignants chinois à l’étranger. Après tout, les Chinois ne sont pas différents des Occidentaux qui viennent en Chine pour enseigner l’anglais ou le français. Combien de professeurs d’anglais ou de français sont tombés en dépression (temporaire ou pas) en travaillant en Chine? Ils auraient probablement préféré que quelqu’un soit là, quelqu’un qui puisse les comprendre et leur donner des conseils.














