Archive for August, 2009

Chinois, Langue mongole, Russe Language Reforms



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L’une des premières actions qu’a prise le gouvernement soviétique après la révolution bolchevique fut de réformer la langue russe en enlevant 4 lettres à son alphabet. Une réforme qui visait à simplifier la langue, donc à la rendre accesible aux masses, et à rompre avec la Russie tsariste bourgeoise. En 1922, après la guerre civile, à la fondation de l’URSS, la Russie était unifiée et le Parti communiste en contrôlait l’entièreté. Tous les Russes se sont donc graduellement mis à utiliser la nouvelle orthographe. Parmi les seuls résistants à la réforme, les anciens membres de la Russie tsariste, ne représentaient plus une force majeure en Russie, donc les quatre lettres russes éliminées, ont été oubliées par presque tout le monde, et sont tombées en désuétude.

Par contre, après l’effondrement de l’URSS, les lettres supprimées ont fait un retour et elles sont maintenant utilisées dans certains domaines particuliers, par exemple par l’industrie de la publicité. Ici, l’affiche d’un hôtel à Saint-Pétersbourg. La lettre “yat” disparue en 1918 est utilisée ici pour donner un effet ancien. La lettre disparue, (c’est la deuxième dans le deuxième mot rouge, la lettre après “B” et avant “H”) a été remplacée aujourd’hui soit par “и” soit par  “е” suivant la prononciation. Les mots en rouge devraient se lire, selon l’orthographe d’aujourd’hui: Старая ВЕНА.

La Mongolie, avant de devenir un État indépendent, a longtemps été une province chinoise. Au moment de la chute de la dernière dynastie chinoise, la Mongolie a déclaré son indépendence et, avec l’aide de l’Union Soviétique, elle a obtenu la reconnaissance internationale. La Russie a donc exercé une très grande influence sur la Mongolie, et la réforme orthographique de la langue mongole s’est effectuée par la “russification” soit l’adoption d’un alphabet cyrillique modifié. Sur ce train Mongol (du Transsibérien), à gauche, on voit un mot écrit en écriture traditionnelle (qui se lit non pas de gauche à droite ou de droite à gauche, mais bien de haut en bas)! Et à droite, le même mot “restaurant” écrit en cyrillique.

Ici, quelqu’un a écrit dans ce livret en mongol traditionnel. Je ne sais pas à quel point l’écriture traditionnelle est utilisée ou même comprise en Mongolie. Mais le système d’écriture officiel de la langue mongole aujourd’hui est l’alphabet cyrillique. Il semblerait aussi que les jeunes utilisent de plus en plus l’alphabet latin, surtout sur Internet.

Ceci me mène à étudier le cas de la Chine. La Chine a aussi eu sa réforme ou plutôt ses réformes. La première réforme, en 1911, transformait la langue écrite en remplaçant le chinois classique (l’équivalent du latin en Europe), incompréhensible pour la majorité des Chinois par le chinois vernaculaire, c’est à dire, le chinois parlé, compris par tout le monde. Par analogie, au lieu d’écrire “Ave César” après la réforme, on devait écrire: “Salut César”. Ce changement a permis à beaucoup de Chinois à lire (s’ils connaissaient les caractères chinois).

Les intellectuels chinois du temps considéraient les milliers de caractères chinois comme des obstacles à l’évolution de la Chine et beaucoup se sont prononcés en faveur de l’élimination complète de ces caractères et son remplacement par un système alphabétique similaire au système coréen, japonais, ou bien carrément adopter l’alphabet latin (comme les Turcs en 1928). Un article du New York Times, datant du 12 décembre 1912, soit 14 mois après la déposition du dernier empereur Qing et 12 mois après la proclamation de la République de Chine, raconte qu’un savant chinois de Hong Kong avait inventé un alphabet composé de 44 lettres. Le projet de remplacer les quelques 40000 caractères chinois par seulement 44 lettres était une possibilité envisagée par le Kuomintang. Ainsi, il serait plus facile pour les enfants d’apprendre à lire, le niveau d’analphabétisme diminuerait donc. Mais, une succesion de guerres: les guerres civiles entre seigneurs de guerre, la guerre contre le Japon, la Seconde guerre mondiale, retarderont les projets de simplification de la langue chinoise.

En 1949, Mao et le Parti communiste chinois défont le Kuomintang qui se réfugie à Taiwan. La Chine devient un pays stable, le spectre de la guerre disparaît. Le gouvernement communiste peut donc commencer à imaginer des solutions pour vaincre l’analphabétisme en Chine. La première étape devait être la simplification des caractères chinois, par la réduction du nombre de traits nécessaires au tracé d’un caractère. Voici un exemple:

Voici le caractère traditionnel pour “véhicule”. Il est utilisé sous cette forme depuis plus de 2000 ans. Il est composé de 7 traits.

Voici le caractère simplifié adopté en 1956. Il est composé de 4 traits, donc une économie de 3 traits.

Voici un des mots les plus complexes en chinois traditionnel (aussi utilisé en japonais). Le premier caractère est composé de 15 traits et le deuxième de 29 traits pour un total de 44 traits.

Voici sa forme simplifiée. Le premier caractère est formé de 7 traits et le deuxième de 9 traits pour un total de 16 traits soit une économie de 28 traits. Jusque là tout va bien. Des caractères affreusement compliqués sont simplifiés, tout en gardant une certaine esthétique.

Les deux caractères ci-dessus sont: en rouge, le coeur et en bleu, le verbe “recevoir”.

Ce caractère traditionnel est formé d’une combinaison des deux caractères colorés “coeur” et “recevoir”. Essayez de deviner sa signification… eh oui! “L’amour”! (Recevoir le coeur). Ce caractère est formé de 13 traits.

Voici le caractère qui signifie “ami”.

Et voici le caractère “amour” simplifié en 1956. “Un ami sous un toit”. La signification est peut-être “avant de connaître l’amour il faut être amis”? Quoi qu’il en soit, ce caractère a une signification bien moins poétique que la version traditionnelle. Les adversaires de la simplification des caractères utilisent souvent cet exemple pour argumenter contre la simplification des caractères: “L’amour sans le coeur, qu’est-ce que c’est? Les communistes n’ont pas de coeur!” Ce caractère est formé de 10 traits.

Le Parti communiste chinois n’a pas eu la chance qu’a eue le Parti soviétique en Russie, c’est-à-dire celle de contrôler une nation complètement unie. La Chine était en effet divisée en plusieurs parties: Hong Kong était une colonie britannique, Macao une colonie portugaise et Taiwan était sous contrôle du Kuomintang. Ces trois territoires n’ont toujours pas à ce jour adopté la simplification des caractères.

La simplification des caractères ne devait être à l’origine qu’un point intermédiaire avant l’élimination complète des caractères. Un conseiller de Mao Zedong aurait conseillé au président, cherchant la solution à la lutte contre l’analphabétisme, de considérer le cas vietnamien. Les Français qui contrôlaient le pays avaient abandonné les caractères vietnamiens (dérivés des caractères chinois) et les avaient remplacés par l’alphabet latin. Les résultats semblaient bons, l’analphabétisme avait diminué au Vietnam. Mao a pris note. Et en 1958, le pinyin (transcription phonétique) était né. Un rapport de la CIA déclassifié en 1993 étudie la romanisation du chinois, c’est-à-dire l’adoption de l’alphabet latin (pinyin) pour écrire le chinois. Le rapport écrit en introduction:

If the Communists have their way in China, the age-old characters of the Chinese language will finally join the Egyptian and Mayan hieroglyphics and the more recently buried Vietnamese ideographs in oblivion. Like Kemal Ataturk’s a few decades ago, the Communists’ effort to remold the nation includes a drive for drastic changes in a language ill suited to science and technology, to education of the masses, to the communications of a directed economy, to their international purposes. Much of the heritage that was dear to Old China, obnoxious to the new, will also be buried with the old language: future generations of school children taught from latinized textbooks, will not be able to read the undesirable ancient classics. The gentility of the cursive characters will be replaced by the classlessness of proletarian typefaces.

Si les communistes réussissent leurs plans en Chine, les anciens caractères de la langue chinoise, plusieurs fois millénaires, vont finalement rejoindre les hiéroglyphes égyptiens et maïens, et les idéogrammes vietnamiens récemments enterrés, dans l’oubli. Comme Kemal Ataturk il y a quelques décennies, les efforts des communistes pour restructurer la nation inclut une offensive pour opérer des changements drastiques dans cette langue mal adaptée à la science et la technologie, à l’éducation des masses, à la direction d’une économie dirigée, à leurs objectifs internationaux. La majeure partie de l’héritage qui était important dans la Vieille Chine, maix odieux dans la Nouvelle Chine, va aussi être enterrée avec la vieille langue: les générations futures d’écoliers, qui étudieront à partir de cahiers latinisés, ne seront pas capables de lire les indésirables classiques anciens. La douceur cursive des caractères chinois sera remplacée par des polices de caractères prolétariennes sans classe.

Selon ce même document, un plan complet était prévu pour mettre à exécution la latinisation du chinois. D’abord, en 1958, le pinyin allait être enseigné dans les écoles primaires, secondaires et universitaires, et graduellement, les publications allaient être publiées exclusivement en pinyin. La ville de Wanrong Xian (万荣县) , dans la province du Shanxi (山西) a été désignée comme “ferme expérimentale” pour évaluer le pinyin. Le tout a été fait comme prévu. Le chinois était donc sur le chemin de la romanisation. Tout n’était qu’une question de temps… jusqu’à ce que Mao dise (selon la légende) “C’est trop étranger!” (pas assez chinois). Donc le pinyin n’a jamais été adopté comme système exclusif d’écriture du chinois, mais seulement comme un complément à l’étude des caractères, pour apprendre la prononciation.

Voici le mot “restaurant” en écriture traditionnelle. Le premier caractère est formé de 16 traits et le deuxième, de 25 traits pour un total de 41 traits.

Le même mot selon la simplification des caractères de 1956. Total de 20 traits, économie de 21 traits. Tout est beau, la langue était désormais simplifiée, l’analphabétisme avait été réduit… mais c’est alors que vint la Révolution Culturelle des années 1966-1976. Pour résumer en une phrase cette série de catastrophes: la “Vieille Chine” allait être détruite pour faire place à la “Nouvelle Chine” dénuée de toute pollution idéologique provenant de l’ancien ordre politique (capitaliste et féodal). Les caractères traditionnels sont remplis de sens. Beaucoup de ces caractères ont une signification propre dans leur structure, comme on l’a vu dans la cas du caractère traditionnel pour le mot “amour” (recevoir le coeur). Selon Mao, ces éléments non marxiste-léninistes représentaient un danger pour le communisme en Chine et devaient être éliminés. Alors une seconde vague de simplification des caractères a été préparée pendant la Révolution Culturelle et mise en application un an après la mort de Mao, le 20 décembre 1977.

Voici le même mot, restaurant, simplifié une deuxième fois. Total de 9 traits, économie de 32 traits par rapport aux caractères traditionnels et de 11 traits par rapport aux caractères simplifiés de 1956. Ces caractères devenaient presque aussi simples que des lettres. Conséquence inévitable de la sursimplification: les caractères perdaient de leur précision. Un caractère sursimplifié pouvait avoit le sens de deux caractères traditionnels qui avaient déjà plusieurs sens. La deuxième vague de simplification a reçu un très mauvais accueil et a fait face à de fortes résistances.

Par ailleurs, j’ouvre une petite parenthèse. Voici de quoi aurait eu l’air ce mot si le pinyin avait été adopté comme unique système d’écriture en Chine. Simple, non?

Un autre exemple très commun: ce mot signifie “se stationner”. 18 traits.

Première simplification (1956). 15 traits (économie de 3 traits).

Deuxième simplification (1977). 8 traits (économie de 10 traits par rapport aux caractères traditionnels ou 7 traits par rapport à la première simplification). Chose rare en Chine: après des années de constante opposition, le gouvernement a finalement abandonné sa politique de deuxième simplification le 24 juin 1986.  La seconde vague de simplification n’aura alors duré que presque 9 ans. Aujourd’hui, les caractères en utilisation sont ceux de la première vague de simplification.

Si on récapitule on a quatre systèmes d’écriture qui ont été en existence en Chine dans les 60 dernières années. Aujourd’hui, les quatre systèmes cohabitent, même s’il n’existe que deux systèmes officiels en République Populaire de Chine: les caractères de la première simplification et le pinyin.

Ici, on reconnaît en haut deux des trois caractères rouges: le deuxième et le troisième: véhicule et le “ting” du mot “restaurant”. Les deux caractères traditionnels sont utilisés dans cette station d’autobus du Sichuan, peut-être pour des raisons esthétiques, peut-être parce que la station est plus vieille que 60 ans… Le message en blanc sur la banderole rouge est en chinois simplifié.

Les caractères officiels simplifiés. On reconnaît le verbe “se stationner” (停车).

Et finalement ce message “interdit de se stationner” écrit en chinois simplifié de la deuxième vague. Probablement écrit par un chinois qui a reçu son éducation entre 1977 et 1986.

Et voici du pinyin. “Xin da jing pin”… “Saijun”.

Télécharger l’article du New York Times datant de 1912

Télécharger le rapport de la CIA sur le pinyin.

Pauvreté extrême, Inégalités sociales, Les riches et les pauvres Sleeping out



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Imaginez, vous travaillez près de 16 heures par jour, mais vous n’avez pas assez d’argent pour louer un appartement.

Salaire mensuel d’un vendeur de fruits dans la rue: environ 1000 yuans.

Loyer moyen dans cette zone de la ville: environ 2000 yuans par mois.

Chine, Bibliothèques/Librairies, ONG, Nationalisme, Politique, Religion Summer School



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Le camp d’été auquel j’ai assisté en juillet dernier, pour certaines raisons légales, n’était pas véritablement un camp d’été (bien qu’il ait ressemblé à un camp), mais plutôt une “école d’été”. Comme l’organisateur du camp, Monsieur Li, le décrivait, c’était “une école spirituelle”. Une école dans laquelle M. Li, durant un programme d’une semaine, tentait d’enseigner à ses jeunes élèves des notions inexistantes dans le cursus normal de l’enseignement primaire et secondaire en République Populaire de Chine: l’esprit critique et l’épanouissement de soi par l’instruction civique.

La première notion, la plus complexe à enseigner et celle requérant le plus de tact de la part de M. Li et de ses assistants, était celle du développement de l’esprit critique. Dans un pays où tous les médias sont contrôlés par l’État, il est facile d’accepter tous les faits qui y sont présentés comme des vérités, sans avoir recours à différentes sources facilement accesibles sur Internet. Certains sujets tabous (incroyablement tabous) en Chine ont été abordés. Certains étudiants étaient choqués d’entendre pour la première fois de leur vie la remise en cause des fondations mêmes de leur propre éducation. Par exemple, l’un des bénévoles venant de Pékin, a prononcé un discours remettant en cause la politique d’Une Seule Chine. Cette politique a pour but de conserver l’intégrité territoriale de la Chine telle qu’elle était à l’époque du dernier empereur de l’Empire du Milieu (avant la révolution de 1911) – mais sans la Mongolie et quelques autres territoires perdus. C’est à dire toutes les provinces à majorité Han qui ne font aucun doute quant à leur allégeance (Beijing, Shaanxi, Sichuan, Hunan, …) des provinces peuplées de minorités ethniques (Tibet, Xinjiang) et Taiwan, en plus de la Mer de Chine et certaines frontières non reconnues internationalement. La remise en cause de la politique d’Une Seule Chine avait comme raison le fait qu’il pourrait éventuellement être envisagé d’accepter l’indépendence certaines provinces si leurs populations le désiraient. Que la Chine, présentement, était trop grande et complexe et qu’il ne serait pas si maléfique si une province venait à se déclarer indépendente. Une étudiante, obnubilée par ces déclarations, a déclaré à Ying “听得不舒服” (ces idées me rendent inconfortable). Bien entendu, le but de ces déclarations n’étaient pas de faire de ces étudiants des séparatistes régionaux. Personne dans la salle n’était un séparatiste. L’idée était d’ouvrir une porte à la pensée critique. Accepter qu’il existe une possibilité qui va à l’encontre de probablement le plus grand tabou de la Chine actuelle ou du moins faire en sorte qu’un enfant entende pour la première fois de sa vie cette possibilité était le but de l’exercice.

La deuxième notion: développer l’individualisme, était beaucoup moins controversée au niveau politique, mais non moins dérangeante pour les relations familiales. En Chine, il existe la notion selon laquelle un enfant “appartient” à ses parents. L’enfant est un investissement pour assurer les vieux jours de ses créateurs. L’enfant doit donc bien réussir dans la vie pour obtenir un salaire élevé et ainsi aider les parents lorsqu’ils atteignent l’âge de la retraite. La première étape vers la réussite c’est l’école. Il faut étudier, tous les jours de 8h à 23h, aller à l’école l’été en juillet et en août, et prendre des cours d’anglais en passant, les seules soirées libres qui peuvent exister dans l’horaire d’un étudiant chinois. Mais pour quelle raison un étudiant doit-il travailler si dur à l’école? Ou, meilleure question, celle posée par M. Li: “pour QUI faites-vous cela? Pour QUI travaillez-vous? Pour QUI étudiez-vous?” À cette question, de nombreux élèves ont répondu qu’ils voulaient que leurs parents soient fiers d’eux. C’est alors que M. Li leur a demandé “Quels sont vos rêves?”.

C’est alors que les élèves, tour à tour, ont présenté à la classe leurs rêves. Certains rêvaient d’aller travailler en ville et devenir riches, d’autres rêvaient de rester dans la campagne et cultiver la terre.

Certains élèves choisissaient de parler de leur passé, leur émouvant passé, évoquant la mort d’un parent, la détresse de la vie dans la pauvreté. D’autres à la vie peut-être plus joyeuse, préféraient parler de leurs aspirations.

La première journée, l’heure du réveil était fixée à 6h (et la journée finissait à 23h!) Aux petites heures du matin, nous avons grimpé une des montagnes entourant la localité où se trouvait l’école. La pente était abrupte et la terre était trempée et boueuse.

Une fois au sommet, les élèves chantaient et lisaient des poèmes dans une ambiance qui rappelle les camps d’été chrétiens évangélistes des États-Unis où des versets de la bible sont lus dans la nature. Mais dans ce cas, il n’y avait rien de religieux.

Le deuxième jour, à la même heure, nous avons grimpé une seconde montagne. La terre était moins boueuse et la pente moins abrupte, donc la descente était plus facile.

En passant, nous avons croisé des fermiers qui montent et descendent la montagne tous les jours sans être fatigués!

Âgés, mais très en forme.

Mais 6h, c’était beaucoup trop tôt pour se lever. Les élèves et les bénévoles étaient épuisés. Un étudiant s’en est plaint et c’est alors que M. Li a fait une petite démonstration de la démocratie (était-ce prévu ou pas?) Alors une proposition a été faite pour modifier l’horaire en enlevant l’escalade de la montagne à 6h et en la remplaçant par la lecture de poèmes dans la cour d’école une heure plus tard. Le vote a été très serré: 20 voix contre 19 pour la modification de l’horaire! Donc, à partir de cette journée, il n’y a plus eu de d’escalade de la montagne. Heureusement que les élèves étaient en nombre impair, car s’il était advenu que le vote eût été ex-aequo, M. Li aurait eu à utiliser son pouvoir de vote pour briser l’égalité, ce qui aurait pu être perçu par des enfants qui ne sont pas familiers avec les principes de la démocratie, comme une manoeuvre autoritaire, ce qui les aurait peut-être confondus dans leur idée d’une démocratie “parfaite”.

Il y avait en tout 6 bénévoles, un volontaire à temps plein, M. Li et sa femme. Chaque bénévole apportait quelque chose de différent au camp. Ying et moi apportions le monde extérieur ou l’”Occident”, deux étudiantes du Guangdong (aussi nommé: “Canton”) enseignaient le chant, un philosophe de Pékin (dont le nom signifie “amour de la philosophie (爱哲)”) enseignait quelques rudiments de démocratie et de philosophie, une enseignante du Canton, issue d’une minorité ethnique, a montré aux élèves des images de son village natal. Le volontaire à temps plein, un poète, aidait M. Li dans son entreprise et apportait son point de vue sur certaines problématiques. Sur cette photo, les deux étudiantes cantonnaises enseignent à utiliser la voix pour chanter. Les garçons sont placés à gauche et les filles à droite.

Ying a raconté son expérience d’études aux États-Unis.

“Occidentaux vs Chinois”

La vision du monde selon les Occidentaux et selon les Chinois. Les relations entre l’individu avec cinq différents éléments: (les autres êtres humains, la famille, les objets, la nature et Dieu). Selon M. Li, chez les Occidentaux, la relation la plus importante, celle qui engloberait tout, serait celle entre l’individu et Dieu, alors que chez les Chinois, cette relation serait inexistante, telle qu’affichée sur les diagrammes (le cercle pointillé dans l’image de gauche représentant la relation individu-Dieu chez les Occidentaux). Selon M. Li, ce qui manque aux Chinois, c’est la spiritualité, telle qu’elle est pratiquée en Occident. M. Li est un Chrétien évangéliste.

Au fur et à mesure que le camp avançait, la présentation devenait de plus en plus religieuse. Des films ont été présentés, dont beaucoup racontaient la vie de grandes personalités historiques (qui se trouvaient à être aussi chrétiennes). Parmi elles: Mère Thérésa, Martin Luther King et Gandhi.

Un film non religieux pour enfants a aussi été présenté: le Magicien d’Oz. La dernière journée du camp, il devait y avoir une recréation de certaines scènes du film sous forme de pièce de théâtre. Il y avait trois équipes d’acteurs, chaque équipe jouant les mêmes scènes. Le meilleur acteur de chaque équipe allait être courronné comme le gagnant.

Quelques images de la pièce de théâtre.

Les meilleurs acteurs, déterminés par vote secret.

À la fin du camp, un livre d’or était mis à la disposition des élèves pour qu’ils écrivent leurs pensées. Ils pouvaient écrire à propos de n’importe quoi: leurs aspirations, leur opinion sur le camp, etc.

Le camp a été interrompu à deux reprises pour recevoir des dons de livres effectués par des particuliers. Les livres que Ying a envoyés sont arrivés exactement au dernier jour!

L’organisme qui a organisé le camp est avant tout une ONG dont l’objectif est de construire des bibliothèques dans des écoles de la Chine rurale. Elle a jusqu’à présent constuit 4 bibliothèques dans autant d’écoles et dans 3 provinces chinoises. Cette organisation a été fondée par quelques intellectuels de Pékin. M. Li m’a confié que la construction d’une bibliothèque coûte environ 40000 yuans (5800 $) en équipements (ordinateurs, projecteur,…) en meubles, et en autres dépenses (par exemple: cahiers). Ensuite, il faut ajouter 10000 à 20000 yuans (1500 à 3000$) par année pour l’entretien. Cette ONG est représentée par 5 intellectuels ayant des idées différentes, mais se rejoignant sur un point: l’importance de l’instruction civique. Ce n’est pas un organisme avec un but politique particulier, ni religieux. Si vous voulez aider cet organisme de quelque façon, vous pouvez vous adresser directement à M. Li à l’adresse: liyingqiang@gmail.com